Commission permanente:discours prononcé

Cest dans un silence de « cathédrale » que jai pris la parole, avant le vote à bulletin secret, pour expliquer le sens de ma candidature à la commission permanente.

Daprès de nombreux témoignages, ce discours prononcé avec force fera date dans lhistoire du Conseil Général de la Haute-Garonne.

ICI le discours en PDF:Discours commision permanente.

DISCOURS:

Monsieur le Président, Chers collègues

Il y a 18 mois, j’ai découvert cet hémicycle avec beaucoup d’enthousiasme et de respect. Sans attendre, je me suis engagé pour être au service de mon canton et de l’ensemble du Conseil Général de la Haute-Garonne. Novice au début, il m’a fallu décoder, comprendre, apprendre, découvrir le fonctionnement complexe de notre institution. Et je continue, sans relâche, dans cette démarche d’apprentissage tout en pesant les responsabilités qui sont les nôtres lors de nos échanges et décisions qui impactent sur l’avenir de nos concitoyens et de nos territoires.

Aujourd’hui, je prends la parole pour expliquer le sens de ma démarche, le sens de ma candidature à un poste laissé vacant à la commission permanente.

Je crois avec force aux principes indéniables de nos droits mais aussi de nos devoirs envers les valeurs fondatrices de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité.

Monsieur le Président, vous nous l’avez bien rappelé avec cette belle Marianne offerte à des centaines d’exemplaires aux différents décideurs de notre Département.

Je sais que ma candidature est unique dans l’histoire contemporaine de notre assemblée. Un conseiller général ose se présenter et passer outre une désignation proposée par le Président. Mais ma démarche n’a pas d’autre vocation que d’user d’un droit fondamental. Un droit qui incarne la substantifique moelle de la démocratie. Un droit qui bouscule certes  l’ordre établi, mais qui  entend revivifier notre nécessaire démocratie interne.

Personne ici ne semble avoir de doute quant à l’issue des votes qui vont nous animer. L’ensemble des groupes politiques constitués visent à être représentés à la commission permanente. Je respecte bien entendu cette volonté toute naturelle. Et à tous ceux qui m’ont témoigné des messages de sympathie, je comprends les enjeux et resterais à jamais fidèle en amitié.

Monsieur le Président vous vous êtes employé à bien circonscrire l’élan du cœur pour certain, le désir de changement pour d’autres. Je comprends votre démarche sans pour autant y souscrire.

Mais outre les certitudes annoncées, il reste toujours dans la vie des bribes de surprises, d’incertitudes vivifiantes, des vents qui annoncent symboliquement de nouveaux champs de possibles.

Monsieur le Président, et vous le savez, j’ai été profondément choqué par certains propos à l’encontre de conseillers généraux. Il s’agit pour moi d’une véritable atteinte au respect de chacun, quelque que soit nos différents, nos modes de pensées. Il est pour moi une valeur fondamentale. Celle de l’humanité qui est en nous et qui a droit au plus profond respect. Certes, nous pouvons avoir des tempéraments tempétueux et désireux de porter haut et fort des valeurs et des projets qui nous animent. Mais jamais, nous ne devons nous écarter du chemin du respect. Respect des personnes, des agents et respect des électeurs qui ont démocratiquement porté dans cet hémicycle chacun d’entre nous. Tout comme vous Monsieur le Président.

Sortir des logiques de domination/ soumission pour aller vers des logiques de coopération et de valorisation de tous est de mon point de vue un enjeu fondamental pour notre société.

Pour moi, une des plus grandes vertus est donc la tolérance. Un manquement à ce niveau est de l’ordre d’un dysfonctionnement qui déshonore notre assemblée.

Honte à moi de ne pas m’être levé lors des invectives à l’encontre de notre collègue Roudiére. Honte à moi de ne pas avoir pris la parole lors d’échanges avec nos collègues Duclos, Jimenez et d’autres encore. Par contre, je me suis senti en accord avec mes valeurs, après ma prise de parole qui vous invitait Monsieur le président à respecter notre collègue Courtois Périssé lors de notre dernière session. Une opposition démocratique se respecte aussi. En l’absence de différents sur le fond et la forme des sujets traités, nous n’aurions qu’un succédané de démocratie.

Pour ce qui nous anime aujourd’hui, j’avoue avoir eu une grande hésitation jusqu’à très tôt ce matin.

Et à la réflexion :

  • Face à  la mécanique institutionnelle et ses règlements implacables qui font la part belle aux listes constituées sur la base d’un vote à la proportionnelle avec scrutin majoritaire ;  
  • Devant cette journée marathon qui se dessine jusqu’à très tard ce soir nous éloignant de nos cantons voire de nos familles ;
  • Devant donc ce scrutin qui semble bien ficelé d’avance

J’ai tout de même décidé de maintenir ma candidature pour être en accord avec mes valeurs et mon engagement au service du respect de la diversité des opinions et de la vivacité de notre démocratie.

Qu’il me soit permis de remercier tous ceux qui vont œuvrer aujourd’hui des heures durant à organiser ces élections dans les meilleures conditions. La démocratie est à ce prix. La démocratie prend du temps.

La sagesse est finalement de maintenir aussi ce qui peut apparaitre comme un acte simplement symbolique. Les symboles sont des forces en action.

Mais tout comme mon invitation à respecter l’ensemble des hommes et des femmes qui animent notre Conseil Général, je souhaite porter à la connaissance de notre assemblée ce que disait un jour Bertrand Delanoé, Maire de Paris :

 « Avoir le sens de lhonneur, en démocratie, cest défendre avec constance des convictions sincères, quel quen soit le coût pour soi-même. »

C’est en homme libre que me suis adressé à vous. Et j’entends le rester quoi qu’il en coûte.

Chers collègues, je vous remercie pour votre écoute.

Monsieur le Président, je demande à ce que cette déclaration soit annexée au Procès Verbal.

Patrick JIMENA

Conseiller Général

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